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Curiosité, innovation, narration, empathie et apprentissage dans le monde numérique, avec Elliott Masie (LPL1-V79)

Description

Cet enregistrement d'événement porte sur la façon dont la curiosité stimule l'apprentissage, sur la nécessité d'harmoniser les aspects numériques et humains, sur le pouvoir de la narration dans le leadership, sur l'importance d'expérimenter dans un cadre sécuritaire pour favoriser l'innovation, et sur les possibilités et l'incertitude liées à l'intelligence artificielle, aux carrières et à l'apprentissage tout au long de la vie dans un monde en constante évolution.

Durée : 01:28:31
Publié : 18 juin 2026
Type : Vidéo


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Curiosité, innovation, narration, empathie et apprentissage dans le monde numérique, avec Elliott Masie

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Transcription : Curiosité, innovation, narration, empathie et apprentissage dans le monde numérique, avec Elliott Masie

Taki Sarantakis (président, École de la fonction publique du Canada) : Bienvenue à l'École de la fonction publique du Canada. Aujourd'hui, nous allons faire quelque chose d'un peu inhabituel. Nous allons parler de quelques spectacles de Broadway. Pour ceux et celles d'entre vous qui ne le savent pas, cet homme est le producteur de Come From Away, le spectacle de Broadway que, je pense, vous avez tous vu. Je l'ai vu trois fois, une fois à New York, une fois à Toronto, une fois à Ottawa. Nous aurons des chanteurs et chanteuses d'opéra, nous aurons un petit chien nommé Mia, et la raison pour laquelle nous avons toutes ces choses, c'est que nous allons parler de trois choses qui sont vraiment liées et entre lesquelles beaucoup d'entre nous n'ont pas l'habitude d'établir des liens, à savoir la créativité, l'innovation et la curiosité.

Il s'agit là de trois éléments extrêmement importants pour chacune de nos vies, que l'on soit fonctionnaire, parente ou comédienne de Broadway. Tous ces éléments sont liés entre eux, et l'un des meilleurs moyens d'apprendre consiste à s'inspirer de ce qui se passe dans les secteurs voisins du nôtre. Personnellement, je pense que le sport peut nous apprendre beaucoup de choses. Comment gère-t-on une équipe sportive? Nous pouvons apprendre beaucoup de choses de la manière dont le personnel de lutte contre les incendies gère les crises. Comment fonctionne une salle d'urgence par rapport à une salle d'opération? Tous ces éléments sont trois thèmes différents que nous voyons simplement dans des contextes différents.

[00:01:44 Elliott Masie est montré assis à côté de Taki Sarantakis.]

Taki Sarantakis : Sur ce, Elliott, je vous cède la parole. Elliott Masie est une personne qui fréquente l'École virtuellement. En fait, il est arrivé ici avant moi, ce qui est rare. La première fois que je l'ai vu, il m'a épaté, et nous l'avons fait revenir plus d'une fois. Elliott, c'est à vous, monsieur.

Elliott Masie (président-directeur général, Masie Innovations) : Eh bien, tout d'abord, je suis heureux d'être ici. J'ai envisagé de prendre l'avion depuis l'une de nos maisons, à Saratoga Springs, dans l'État de New York, ce qui comprenait un voyage à Atlanta sur la route vers Ottawa. J'ai donc sorti MapQuest, et je me suis demandé quel était le meilleur moyen de venir en voiture jusqu'ici. Et il m'a dit que je pouvais arriver ici en 4 heures et 49 minutes. Je l'ai fait en 5 heures et 5 minutes, arrêt compris, et je n'ai jamais accéléré en cours de route, sauf lorsqu'il a neigé entre Montréal et Ottawa. J'étais juste en admiration devant la neige.

Taki Sarantakis : Nous sommes désolés.

Elliott Masie : Oui, je vous comprends. J'ai des antécédents diversifiés et vous pouvez lire à ce sujet. Wikipédia me blâmerait ou me féliciterait d'avoir été la personne qui a introduit le terme « apprentissage en ligne » lorsque les différents termes décrivant l'apprentissage numérique et l'apprentissage en ligne sont apparus, juste au moment où l'Internet faisait son apparition, mais j'ai fait toute une série d'autres choses dans le monde des ressources humaines, de la formation et du perfectionnement, mais je suis sûr qu'il existe un terme psychiatrique pour les personnes qui s'ennuient parfois, d'accord? Pourtant, il y a une vingtaine d'années, j'ai commencé à m'ennuyer de ce que je faisais et je me suis tourné vers ma femme et mon partenaire commercial en leur disant que nous pourrions peut-être faire quelque chose d'autre en plus de cela. Nous sommes donc devenus producteurs à Broadway, et nous y avons produit 51 spectacles, j'ai été sélectionné pour un Tony, The Prom, Kinky Boots, Cabaret, et bientôt à Broadway, le nouveau spectacle Dolly, l'histoire de Dolly Parton. Dolly n'y figure qu'en vidéo, mais c'est merveilleux.

Sinon, j'étais très enthousiaste à l'idée de venir ici, parce que je pense que lorsqu'on travaille dans la fonction publique (et j'ai fait la plupart de mes relations aux États-Unis, j'ai fait partie de groupes de travail à la Maison-Blanche, j'ai été membre du conseil consultatif universitaire de l'Agence centrale de renseignement et d'autres choses), vous réalisez à quel point vous avez une structure dans un modèle gouvernemental et, non, mais, et, nous devons parfois être en mesure de nous assurer que nos processus de mobilisation, d'interaction, de collaboration, et d'apprentissage fonctionnent. Je vais donc vous donner un exemple pour commencer. J'ai une diapositive et pas de points. Maintenant, pourquoi? J'ai été animateur de Microsoft Television pendant un certain temps, et j'ai fait la connaissance de Bill et de son épouse de l'époque, Melinda Gates, et d'autres personnes du même genre. PowerPoint est une chose merveilleuse jusqu'à ce que vous arriviez à la diapositive 32, point no 9, d'accord? Je ne suis pas sûr que l'on se souvient toujours de ces choses. Ironiquement, vous savez de quoi vous vous souvenez? D'une histoire. D'une histoire. Lorsque la personne qui présente le diaporama dit, avant de présenter les diapositives, « laissez-moi vous raconter l'histoire », vous vous souvenez de l'histoire, mais la quatrième diapositive s'évapore assez rapidement, et je ne dénigre pas ce diaporama en tant qu'élément d'information, mais comment finissons-nous par utiliser la curiosité et la narration et y trouver notre compte? Parce qu'en fin de compte, et je veux vous mettre au défi, une réponse sans question s'évapore. Une réponse sans question s'évapore.

Donc, si je vous disais qu'il y a une très bonne sauce piquante que vous pouvez trouver ici à Ottawa, d'accord, c'est une question; et où vient-on de l'obtenir?

Taki Sarantakis : À The King Eddy, qui propose la meilleure sauce piquante d'Ottawa.

Elliott Masie : D'accord, mais si je disais simplement « sauce piquante », Eddy, c'est sans aucun doute un point de données. Je pense donc qu'il est important que nous réfléchissions à la curiosité. Je pense également que la narration est un élément trop oublié, car en fin de compte, les histoires sont notre moyen d'apprentissage à tous points de vue. Je pourrais en parler, mais vous savez quoi? Une partie de la magie de faire quelque chose comme ça avec la merveilleuse technologie que nous avons, c'est que je peux apporter un petit échantillon. Nous aurons donc deux invités musicaux. La première est une femme merveilleuse du nom d'Ali Ewoldt. Pouvons-nous mettre Ali à l'écran un instant?

Taki Sarantakis : Et Mia.

Elliott Masie : Oui, et Mia.

Taki Sarantakis : Mia viendra aussi.

[00:06:58 Ali Ewoldt apparaît dans une fenêtre de clavardage vidéo séparée.]

Elliott Masie : Ok, on est en train d'essayer de la faire apparaître à l'écran en ce moment même. Puis-je voir cela ici? La voilà. D'accord, je vais me lever pour pouvoir regarder.

[00:07:08 Elliott Masie se lève.]

Elliott Masie : Bonjour, Ali.

Ali Ewoldt (comédienne de théâtre américaine) : (En sourdine)

Elliott Masie : D'accord, il faut aussi activer son son. Bonjour, Ali.

Ali Ewoldt : Bonjour.

Elliott Masie : Parfait, et pourriez-vous nous présenter votre collègue?

Ali Ewoldt : Oui, voici Mia Bell.

[00:07:25 Ali Ewoldt attire l'attention sur un chien qui fait la sieste sur un canapé derrière elle.]

Ali Ewoldt : C'est un caniche de 14 ans, un croisement de caniche jouet, qui a décidé de s'allonger pour faire une sieste.

[Rires]

Elliott Masie : Je suis un fervent partisan de la présence d'animaux de compagnie de grande taille dans les présentations. Je pense qu'ils finissent par nous aider de bien des façons, mais je connais Ali depuis de nombreuses années. Ali est l'une des collègues les plus merveilleuses que j'aie jamais eues. Elle a joué dans de nombreux spectacles à Broadway et en tournée dans Les Mis; dans un merveilleux spectacle que nous avons aidé à produire, Gold Mountain, sur les Chinois qui construisent les chemins de fer dans l'Utah; et puis, le plus provocateur, c'était il y a environ 18 mois que vous étiez dans Phantom?

Ali Ewoldt : Non, il y a deux ans et demi.

Elliott Masie : Deux ans et demi. Et dites-leur quel était votre rôle dans Phantom?

Ali Ewoldt : J'ai joué le rôle de Christine Daaé dans The Phantom of the Opera à Broadway.

Elliott Masie : Et vous avez été la première Asiatique au monde à jouer ce rôle.

Ali Ewoldt : Oui.

Elliott Masie : J'ai donc demandé à Ali si nous allions parler de la narration, mais plutôt que de la rendre conceptuelle, j'ai pensé que nous pourrions l'amener ici. Je dois vous avertir qu'elle a un do très aigu. J'ai donc examiné toutes les vitres de l'édifice.

[Rires]

Alors, sans plus attendre, et je vous poserai ensuite une ou deux questions, Ali Ewoldt, avec un peu de narration, et une chanson.

[Applaudissements]

[De la musique joue]

Ali Ewoldt : (Chante) Think of me, think of me fondly when we've said goodbye. [Pense à moi, pense à moi tendrement, quand on se dira adieu.]

[00:09:04 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Les performances musicales ont été écourtées en raison de restrictions liées aux droits d'auteur »]

[Applaudissements]

Elliott Masie : Maintenant, faites-moi une faveur. Rendez-moi un service. Pendant une minute, tournez-vous vers votre voisine. Qu'est-ce que cela fait d'être assis ici, dans une salle de classe et un lieu merveilleux de bonne éducation pour la fonction publique, qu'est-ce que cela vous fait d'entendre une chanson comme celle-là? Il vous suffit de vous tourner rapidement vers votre voisine. Je suis de New York, donc vous n'avez que 15 secondes. Allez-y.

[00:09:42 Les membres du public discutent entre eux.]

Taki Sarantakis : Nos haut-parleurs n'ont pas rendu justice à sa voix.

Elliott Masie : D'accord. Bonjour. D'accord, Ali, je vais vous poser deux petites questions maintenant. Vous l'avez chanté devant de nombreuses personnes. Combien de personnes assisteraient à une représentation du Phantom of the Opera?

Ali Ewoldt : Probablement, à Broadway, environ 1 700 peut-être.

Elliott Masie : D'accord, et maintenant, vous chantez devant une caméra alors que nous sommes au Canada. En quoi cela est-il différent pour vous?

Ali Ewoldt : C'est très différent. Je veux dire, il est évident que le lien physique immédiat n'existe pas, n'est-ce pas? Je ne ressens pas nécessairement toutes vos présences. Le spectacle est un dialogue entre ce que je fais, et le fait de prendre ce que sont les autres. Mais c'est aussi un grand défi que d'essayer de transmettre les mêmes idées, pensées et sentiments à travers un écran, d'un pays à l'autre. Et pour moi, ce que vous ne pouvez pas voir en ce moment, c'est que je suis en train de regarder vers Manhattan, n'est-ce pas? J'ai donc une vue sur le fleuve Hudson jusqu'à Times Square. J'essaie donc d'imaginer, dans la comédie musicale, que je regarde l'Opéra de Paris, que j'y joue pour la première fois, et que c'est magique. Mais en ce moment, au lieu de voir l'Opéra de Paris, j'ai la chance de voir la ville de New York. Et donc, cela suscite en moi des idées nouvelles et amusantes, de l'excitation, de la joie et de la narration.

Elliott Masie : Et réfléchissez à ce qu'elle a dit, car ici, presque tous vos programmes sont enregistrés. Il est très important, lorsque nous organisons des réunions et autres événements de ce type, que vous soyez également prêts pour les caméras, pour l'auditoire présent. Donc, vous as vu Ali vous regarder comme si j'étais là à lui sourire, qu'elle pourrait… maintenant, comment avez-vous dressé le chien?

[Rires]

Pour qu'elle puisse simplement tolérer ou apprécier cela.

Ali Ewoldt : Heureusement, elle a toujours été à l'écoute, mais n'aime pas participer en soi.

[Rires]

Elle écoute en silence. Elle s'imprègne de l'histoire sans avoir besoin d'y mettre son grain de sel.

Elliott Masie : Et une dernière question, plus tôt dans la journée, nous avons parlé du travail à la demande et autres. Et dans le monde du théâtre, le travail est à la demande, et j'ai entendu une présentation qu'Ali a faite au 54 Below, où elle parlait de la toute première fois où vous avez décidé que vous vouliez jouer dans Phantom of the Opera. Quel âge aviez-vous à l'époque, Ali?

Ali Ewoldt : J'avais 10 ans la première fois que j'ai vu le spectacle.

Elliott Masie : Et combien de fois avez-vous auditionné pour ce poste au fil des ans?

Ali Ewoldt : J'ai passé des auditions pendant 10 ans. Je n'ai jamais compté le nombre de fois, mais je dirais qu'il y en a au moins 20, y compris les rappels et tout le reste.

Elliott Masie : Et puis, quelle a été l'audition finale? Que vous a-t-on demandé à cette occasion?

Ali Ewoldt : Lors de la toute dernière audition, j'ai pu me produire sur la scène du Majestic Theatre, où le spectacle était déjà à l'affiche depuis plus de 20 ans, pour Hal Prince. Le metteur en scène original était assis dans l'auditoire. Je n'avais pas de microphone. Je n'avais pas d'éclairage de scène. Je me tenais en quelque sorte au bord de la scène, et la personne responsable de la direction musicale jouait du clavier dans la fosse, sans orchestre, et Hal Prince m'a demandé de chanter cette chanson-là. J'ai chanté Think of Me, et j'ai chanté la chanson tant de fois, en essayant d'obtenir le poste, n'est-ce pas? En essayant de jouer ce qui était un rôle de rêve pour moi. Je venais de prendre l'avion, j'avais un autre travail à l'époque, je jouais dans The King & I à Chicago, je n'étais donc à New York que pour quelques heures, j'étais déjà tombée amoureuse de l'idée de jouer le personnage et j'avais été déçue, et j'ai donc pu exploiter cette idée qu'on m'avait donnée comme conseil et que j'ai transmise depuis, de prendre chaque occasion de représentation comme une chose en elle-même, n'est-ce pas? Comme il s'agit d'une occasion où j'ai chanté la chanson que je voulais chanter sur scène, au théâtre où je voulais la chanter, pour le metteur en scène pour lequel je voulais me produire, c'était la totale.

Et parce que Think of Me, dans le contexte de Phantom of the Opera, Christine auditionne en quelque sorte pour un rôle à l'opéra : elle est nerveuse, elle est devant ses collègues qu'elle veut vraiment impressionner, et elle prend tout cela au fur et à mesure qu'elle s'accomplit. À chaque note, sa joie grandit, elle vit sa meilleure vie, elle réalise de plus en plus ses rêves, et à ce moment-là, pour moi, en jouant pour Hal dans ce théâtre, j'ai vraiment pu faire l'expérience du rêve sans mettre tout le poids et la pression sur l'obtention du travail. Au lieu de cela, c'était comme si j'étais en train de faire la chose en elle-même, et je pense que cela a apporté quelque chose de vraiment spécial à la représentation. Et à tout le moins, cela m'a apporté de la joie, de l'honnêteté dans ma façon d'utiliser la narration, et quelque chose de très personnel. J'étais liée au personnage, et je pense que cela a été une grande réussite pour moi.

Elliott Masie : Eh bien, Ali, merci beaucoup d'être venue par voie numérique à Ottawa.

[Applaudissements]

Ali Ewoldt : Merci de me recevoir.

Elliott Masie : Vous la verrez. Elle sera dans l'Utah cet été, où elle jouera dans plusieurs spectacles, et gardez un œil sur Ali, l'un de ces êtres humains merveilleux et généreux qui m'ont beaucoup appris sur la narration. Donc, merci beaucoup, Ali. Prenez soin de vous.

Ali Ewoldt : Merci beaucoup. Merci de me recevoir.

[Applaudissements]

[00:15:33 Elliott Masie se rassoit.]

Elliott Masie : Or, il s'agit là d'un phénomène intéressant. C'était bien de m'amener ici, j'en suis heureux, et c'était une belle balade à 30 ans, n'est-ce pas, mais nous devons aussi nous rendre compte qu'à l'avenir, nous devrons faire en sorte que les talents puissent venir de la manière qui leur convient le mieux, et je vous dirai que l'une des compétences que l'on doit apprendre, et ce que j'apprécie vraiment chez vous, c'est l'entrevue d'embauche. Comment faire passer une entrevue à une personne? Comment obtenir ses émotions? Comment lui poser une question qu'elle ne savait pas que j'allais lui poser, mais à laquelle je savais qu'elle allait répondre? Mais je dirais qu'un des aspects dont on ne parle pas assez, c'est que lorsqu'on travaille dans la fonction publique, il faut s'intégrer à une structure qui sait de mieux en mieux utiliser la narration, car ce rapport que vous publiez est formidable, il compte 140 pages et contient 32 présentations PowerPoint différentes, etc., mais ce qui est intéressant, c'est qu'il faut savoir mettre tout cela en valeur en sachant utiliser la narration.

Et j'ai vu, lors de multiples élections aux États-Unis, de très, très bonnes candidates échouer parce qu'ils ou elles n'utilisaient pas bien la narration en cours de route. L'une des personnes que j'ai rencontrées, le maire Pete, qui n'a pas réussi, était probablement le meilleur conteur que j'aie jamais rencontré. À présent, la question de savoir si l'Amérique va élire un homme gai à la présidence est une autre question, mais je l'ai vu entrer dans une pièce; il savait environ 5 choses sur chacune des 40 personnes présentes dans la pièce, et s'est approché de chacune d'entre elles pour engager la conversation en racontant une histoire vraie, et avoir un échange de points de vue. L'une des choses à laquelle il est essentiel de penser est donc la narration. Et malheureusement, nous confondons souvent cela avec le fait de parler en public. L'art de parler en public, c'est parler dans un groupe, mais utiliser la narration, c'est un peu compliqué. Lorsque vous pensez à une histoire, elle vous emmène d'un point à un autre. Eh bien, je l'ai fait jouer dans une salle de bal Walt Disney avec de magnifiques objets en verre, et j'ai passé tout mon temps à me demander ce qu'ils allaient me faire payer si les chandeliers se fissuraient, mais elle atteint, quel que soit le nom qu'on lui donne, le do le plus aigu que l'on puisse atteindre en tant que soprano dans cette pièce. Quelle a été votre réaction lorsque vous avez vu cela?

Taki Sarantakis : Donc, un lien est établi. Elle est presque physiologique. Elle passe rapidement dans votre esprit conscient et vous la ressentez d'une manière que les mots ne peuvent pas exprimer. Si l'on y réfléchit un instant, c'est tout à fait logique, car nous avons appris les sons bien avant d'apprendre le sens des mots, que ce soit en tant qu'espèce ou même en tant qu'enfant. Ceux et celles d'entre vous qui sont parentes savent que vous vous extasiez devant votre enfant. Vous savez que vous chantez pour votre enfant. Vous l'absorbez donc d'une manière qu'il est impossible de décrire avec des mots.

Elliott Masie : Oui. Maintenant, j'irais jusqu'à la deuxième bulle qui est la curiosité, d'accord?

[00:19:11 Une diapositive s'affiche avec le texte :
« Explorons -> Innovation -> Au-delà de l'IA -> Curiosité -> Narration »
« Elliott Masie
École de la fonction publique du Canada
www.masie.com
emasie@masie.com ».]

Elliott Masie : Je pense que nous ignorons la curiosité. Nous l'ignorons, parce que nous sommes tellement doués pour présenter, publier, afficher, partager, agrafer et distribuer que nous oublions souvent qu'il y a une porte intéressante au début de la réception de quelque chose par une personne, à savoir : cette information suscite-t-elle la curiosité? Si elle ne suscite pas la curiosité, je vous dirai qu'il est fort probable qu'elle s'évapore. À présent, elle sera là, elle pourra être consultée à un moment donné, mais elle va s'évaporer, et une partie de ce que la curiosité vous amène à faire est de réorganiser le contenu, réorganiser le contenu. Donc, l'une des choses dont je suis devenu un grand fan, si je donne une présentation à mon équipe ou si j'anime un atelier d'une journée, c'est d'afficher une question. J'affiche une grande question à l'écran, et je fais littéralement ce que je vous ai demandé de faire auparavant, me tourner vers une voisine et parler de cette question, parce que cela prépare et facilite en partie la conversation qui va suivre, et l'une des erreurs que nous commettons est de croire que si les personnes sont tenues d'être quelque part, elles s'y trouvent réellement. Alors, à Broadway, nous disposons d'un temps limité pour obtenir l'attention de l'auditoire. Retournez donc vers la personne à côté de laquelle vous étiez assis. D'après vous, combien de temps, si elle a joué dans Phantom of the Opera, ou Come From Away, ou Six, ou tout autre spectacle, combien de temps les comédiennes ont-ils pour obtenir l'attention de l'auditoire? Il vous suffit de vous tourner vers votre voisine et de deviner tout haut ce qu'il en est.

[00:21:11 Les membres du public discutent entre eux.]

Elliott Masie : Bonjour. Une personne a dit « une heure »?

[00:21:45 Elliott Masie lève la main.]

Taki Sarantakis : (Rires)

Elliott Masie : Ai-je une demi-heure? Quinze minutes? Dix minutes?

[00:21:52 Une membre de l'auditoire lève la main.]

Taki Sarantakis : Il y avait une main.

Elliott Masie : D'accord, c'est super. Une personne penche pour cinq minutes?

[00:21:57 Des membres de l'auditoire lèvent la main.]

Elliott Masie : Nous avons quelques cinq. Quatre? Trois?

[00:22:01 Des membres de l'auditoire lèvent la main.]

Elliott Masie : Deux?

[00:22:04 Des membres de l'auditoire lèvent la main.]

Elliott Masie : Une?

[00:22:06 Des membres de l'auditoire lèvent la main.]

Elliott Masie : À présent, nous passons aux secondes. Maintenant, nous allons en faire un autre. Nous constatons une différence maintenant. Lorsque vos enfants ou petits-enfants viennent au théâtre, en quoi sont-ils différents s'ils viennent voir une comédie musicale comme Hamilton, ou Phantom, ou The Prom, ou quoi que ce soit d'autre? Qu'est-ce qui les différencie lorsqu'ils se rendent à cette comédie musicale? Allez, ne soyez pas timides.

Taki Sarantakis : Ils sont beaucoup plus patients.

Elliott Masie : Quoi?

Taki Sarantakis : (Rires) Ils sont beaucoup plus patients.

Elliott Masie : Peut-être, peut-être.

Taki Sarantakis : Non, non.

Elliott Masie : Est-ce qu'une personne veut essayer de deviner?

Intervenante non identifiée : Ils veulent l'enregistrer sur leur téléphone.

Elliott Masie : Quoi?

Intervenante non identifiée : Ils veulent l'enregistrer sur leur téléphone.

Elliott Masie : Ok, non, non, vous avez raison.

[Rires]

J'irai même plus loin. En fait, ils veulent apprendre les chansons avant d'arriver sur place. Pour eux, c'est une soirée karaoké.

Taki Sarantakis : (Rires)

Elliott Masie : Je dois être sérieux. Vous allez voir Hamilton, d'accord? Et ce que je vais faire, c'est faire la file.

[00:23:05 Elliott Masie prend son téléphone intelligent.]

Elliott Masie : Et sur mon téléphone, j'allumerai The Room Where It Happens. Soudain, toutes les personnes de la file chantent The Room Where It Happens. Pourquoi veulent-elles mémoriser cette chanson? Immersive, elles veulent une expérience immersive. Nous constatons donc que les spectacles sont de plus en plus courts. Les spectacles sont de plus en plus courts. En fait, les moins de 25 ans veulent un seul acte, et ils veulent qu'il se termine, si possible, en 1 heure et 18 minutes. Si vous voulez en voir un bon exemple, allez voir la comédie musicale Six sur Henri VIII, qui a eu six femmes, toutes mortes, volontairement ou non, en cours de route.

[Rires]

Mais elle est conçue pour vous captiver dès votre arrivée. Le phénomène a pris une telle ampleur qu'à Broadway, certains spectacles sont désormais accompagnés d'un karaoké l'après-midi, au même prix.

Taki Sarantakis : (Rires)

Elliott Masie : Les gens paient maintenant 100 dollars, et ils chantent pour nous. C'est une activité délicieuse que de participer à ce processus, mais pourquoi est-ce que je vous dis cela maintenant? Parce que vous êtes dans le même environnement lorsque vous présentez quelque chose. Je pourrais parler de Broadway, mais c'est radicalement différent d'avoir eu cette chanteuse qui est venue ici pour répéter et pour que vous puissiez l'entendre en direct dans ce sens. C'est pourquoi nous devons être en mesure d'exploiter la curiosité, et la curiosité, ironiquement, les concerne plus que vous. Permettez-moi de le répéter. Il s'agit davantage d'eux que de vous. Laissez-moi vous dire ce qu'il ne faut surtout pas faire. N'allez pas dans un livre de blagues, de blagues pour commencer les discours, et ne choisissez pas une blague pour commencer votre discours par une blague. C'est probablement le moyen le plus rapide de tuer la curiosité de l'auditoire. La meilleure chose que vous puissiez faire est de leur demander de réfléchir, de parler, d'imaginer, « Quelles sont vos plus grandes questions? » Parce que ce que j'ai découvert, c'est qu'inévitablement, lorsque je donne une présentation, et nous le ferons ici aussi, vos questions font ressortir un meilleur Elliott que celui de ma préparation, parce que vos questions correspondent à ce qui vous intéresse. Alors, posez-moi une question sur la narration, Broadway, la curiosité, et il y a des prix à la clé.

Taki Sarantakis : Pas des billets pour Broadway.

[Rires]

Elliott Masie : Question.

Intervenante non identifiée : Comment les personnes plus âgées réagissent-elles à la situation que vous venez de décrire?

Elliott Masie : C'est très intéressant. Les personnes plus âgées ont besoin d'uriner.

[Rires]

C'est pourquoi l'entracte est très important et doit être réduit. Elles aimeraient aller aux toilettes 1 heure et 5 minutes après le début du spectacle, et beaucoup de nos vieux théâtres ont un nombre limité de toilettes. Je suis aussi un entrepreneur, et je voulais lancer une entreprise dans laquelle je louerais des camions avec des toilettes qui se rendraient sur les lieux de travail des théâtres avec de la publicité sur l'intérieur des portes et autres, mais je ne l'ai jamais fait; mais elles veulent quelque chose de plus long s'il y a une pause. Mais ironiquement, les plus jeunes veulent que le deuxième acte soit plus court et qu'elles atteignent la ligne d'arrivée, tandis que ce que veut la génération plus âgée, et j'ai 75 ans, c'est savoir ce que nous allons écrire à propos de ce spectacle lorsque nous en sortirons. En effet, l'un des éléments les plus intéressants qui m'intrigue toujours lorsqu'on participe à un atelier n'est pas le formulaire que l'on remplit, mais ce que l'on envoie comme message à une amie ou partenaire pendant l'heure, les trois heures ou les trois jours où vous étiez là. Alors, posez-moi une question. Tout ce que vous voulez, monsieur.

Taki Sarantakis : Dans quelle mesure une bonne narration permet-elle de surmonter de mauvaises données ou une mauvaise histoire? En effet, dans notre secteur, de nombreuses personnes sont très douées pour raconter des histoires, mais leur scénario sous-jacent, appelons-le ainsi, n'est peut-être pas aussi solide. Alors, peut-on masquer un manque de connaissances par une bonne histoire?

Elliott Masie : Vous pouvez le faire, mais cela se retournera contre vous quand vous aurez fini, n'est-ce pas? Je pense que ce que vous devez faire, c'est être un messager ou une messagère honnête. Vous devez être un messager ou une messagère honnête. Comme je l'ai dit, j'ai occupé plusieurs postes à la Maison-Blanche et au gouvernement, et je me présente régulièrement devant un groupe pour dire que les données ne sont pas tellement bonnes, et je vais être honnête avec vous. Je vais vous le dire en toute franchise. Ensuite, nous discuterons de la manière de communiquer ces données au public et de ce que nous ferons à l'avenir. Parce qu'en fin de compte, la narration est une question de confiance. On ne se souvient jamais d'une histoire en laquelle on ne peut pas avoir confiance, et si on n'y a confiance, c'est en partie parce que le conférencier ou la conférencière est authentique et réelle. Je pense que nous présentons parfois les données de manière excessive. En d'autres termes, nous pouvons présenter une tablette ou un tableau contenant 40 éléments, et personne n'a la capacité cognitive pour traiter cela.

Je veux donc essayer d'aller à l'essentiel, puis d'en parler, si vous voulez creuser dans les données. Je n'essaie jamais d'enrober ou d'édulcorer les renseignements négatifs, car je pense que les gens veulent que le gouvernement soit honnête avec eux. Ils veulent que le gouvernement soit honnête avec eux. J'ai travaillé avec la FEMA, la Federal Emergency Management Agency, et les gens arrivaient dans un camion, leur maison était inondée, leur assurance ne couvrait pas les frais, ils n'avaient pas de nourriture, et les meilleures personnes étaient là pour dire que ça n'allait pas. En ce moment, la situation est épouvantable. « Maintenant, voyons ce que nous allons faire à ce sujet », et la confiance est née de l'authenticité. Allez-y.

Taki Sarantakis : Je vais juste raconter à la salle une petite histoire à ce sujet. Dans une vie antérieure, j'ai passé plus de trois ans à informer un comité du Cabinet de tous les points concernant ce comité. Et lorsqu'il s'agissait d'un point stupide, je jure devant le ciel que c'est ainsi que je le présentais, je disais : « d'accord, messieurs et mesdames les ministres, notre prochain sujet est la chose la plus stupide que je puisse imaginer, je n'ai aucune idée de comment elle est arrivée jusqu'ici, mais je vais vous la présenter, c'est vraiment ridicule, mais c'est parti. » Vous n'aurez jamais vu un groupe de personnes aussi engagées.

[Rires]

Pourquoi en est-on arrivé là? Comment est-il arrivé là? Et la crédibilité que cela m'a permis d'acquérir pendant tout ce temps, c'est que si cela sort de la bouche de ce Grec bizarre avec un nom que je ne peux pas prononcer, c'est qu'il me dit la vérité.

Elliott Masie : Oui, et une partie de ce que vous voulez, et cela rejoint ce que vous venez de faire, monsieur, lorsque vous m'avez interrogé sur cette génération, il faut parfois découper les données pour que les gens comprennent qu'il ne s'agit pas d'une réponse unique. Que s'est-il passé au Québec par rapport à Ottawa? Que s'est-il passé dans ce programme par rapport à celui-là? Comment se compare-t-il à ce que nous avons fait il y a deux ans? Et même en posant une question intéressante, les personnes interrogées savaient-elles ce qu'elles disaient? Je veux dire, j'aime souvent poser cette question. Il m'arrivait donc de faire un sondage et, à la fin, de leur demander de s'enregistrer pendant deux minutes pour répondre à la question : « Vous venez de répondre à toutes ces questions, dites-moi ce sur quoi vous rendez compte réellement ». Et très souvent, leur récit a permis d'étoffer toutes ces données en cours de route. Permettez-moi de vous parler de la curiosité, d'accord? L'aspect le plus intéressant de la curiosité est qu'il n'est pas nécessaire d'être la personne qui a la réponse. Si vous suscitez la curiosité des gens, en particulier à l'heure actuelle, ils prendront leur téléphone.

[00:32:17 Elliott Masie prend son téléphone intelligent.]

Elliott Masie : Ils vont faire une petite excursion de curiosité, et vous n'aimerez peut-être pas où ils iront, mais je peux toujours voir dans la salle combien de personnes vérifient les faits lorsqu'Elliott parle ou quelque chose comme ça. Mais parfois, la curiosité ne consiste qu'à formuler une question provocante pour les gens et à les faire réfléchir, et je pense que nous n'utilisons pas assez ce mot, la curiosité, dans le monde de l'apprentissage, des présentations, et de ce que nous faisons dans la fonction publique ici aussi. Ok, laissez-moi prendre l'un des autres points ici, à savoir l'innovation, l'un des mots les plus galvaudés et qui suscitent le plus la confusion qui soient, n'est-ce pas? Je veux dire, littéralement, que j'aimerais avoir une base de données de mots dans les titres de livres, parce qu'en ce moment, je pense qu'en dehors de l'intelligence artificielle (AI), c'est le mot « innovation » qui est utilisé, et je me suis toujours inquiété des mots qui ont beaucoup de syllabes, comme « in-nov-a-tion ». Je veux m'arrêter à l'« in », je m'intéresse à la partie « in ». Je ne suis pas sûr du « ov » et je ne suis pas sûr du « ation » à la fin. Mais plus simplement, l'une des choses dont je pense que nous devons être conscients, c'est que notre meilleur modèle de gouvernement est celui dans lequel nous favorisons l'innovation, y compris en testant de multiples solutions différentes dans ce processus, et c'est une sorte de chose intéressante.

[00:34:13 Elliott Masie regarde la montre intelligente à son poignet.]

Elliott Masie : Qu'est-ce que tu dis? Non, non, non, je n'ai pas besoin de toi. Merci beaucoup, Siri. Siri vous agace-t-elle parfois? Elle fait juste apparaître.

Mais je pense qu'il est parfois très intéressant de dire non pas quelle est la solution unique, mais quelles sont les trois façons différentes d'y parvenir? Je vais donc vous donner un exemple. Je vis la moitié du temps en Irlande et l'autre moitié dans le nord de l'État de New York, et je peux le faire parce qu'il se trouve que je suis à la fois citoyen allemand et citoyen américain. Mon père a dû quitter l'Allemagne nazie avec un préavis de quatre heures, ce qui m'a permis d'obtenir un passeport allemand à vie qui est là, et c'est très intéressant d'être en Irlande. Vous vous retrouvez soudain dans une nouvelle culture, et vous vous rendez compte qu'il y a plusieurs façons de faire les choses. Alors, je viens de parler au déjeuner du fait que je ne bois pas beaucoup d'alcool, mais je fréquente un pub local.

Taki Sarantakis : C'est la loi en Irlande.

Elliott Masie : C'est la loi en Irlande.

[Rires]

Oui, et je vais au Neary's Pub, qui, soit dit en passant, ouvre sa porte de derrière sur celle du Gaiety Theatre. Donc, les comédiennes du Gaiety Theatre avaient plus de 20 minutes de pause entre leurs prestations; Peter O'Toole avait l'habitude de passer par la porte de derrière, de commander un whisky, et ils sonnaient une cloche lorsqu'il était temps pour lui de repartir. Eh bien, vous commencez à apprendre. Vous êtes dans un nouvel environnement. Comment cela se passe-t-il? Eh bien, j'ai été très enthousiaste, car c'est mon pub local depuis un certain nombre d'années, et chaque fois que j'y entre, tout le monde me dit « hé Elliott », et ma femme est là avec moi. Il y a environ un an, elle a commencé à m'accompagner chez Neary's, ce que j'ai adoré et qu'ils ont apprécié, jusqu'à ce que je revienne environ un mois plus tard et qu'ils me disent : « Le mari de Cathy est là ».

[Rires]

Ils ont ainsi rétrogradé ma marque. Et j'ai dit : « Pourquoi avez-vous fait ça? » Ils m'ont répondu que cela permettait de rester vigilant dans ce processus.

Mais je pense qu'une partie de l'innovation consiste à reconnaître qu'une partie du rôle de toute organisation, en particulier des organisations de la fonction publique, consiste à examiner, à surveiller l'innovation, parfois à favoriser l'innovation, et aussi à rendre l'innovation sécuritaire. Très souvent, les gens veulent qu'une chose soit diffusée à l'ensemble de la nation, et j'aurais préféré qu'elle soit d'abord diffusée auprès de 100 personnes. Donc, la plupart des spectacles dans lesquels Ali a joué ont connu un grand succès. Un ou deux des spectacles étaient des « ouafs-ouafs », pas comme son chien, mais ils n'ont pas eu beaucoup de succès. Les comédiennes étaient exceptionnelles, mais nous avons appris à tester les émissions plus tôt afin de pouvoir les arrêter avant de perdre trop d'argent dans le processus en cours de route. Pourtant, une partie de l'innovation se trouve dans votre esprit. Comment appliquer différentes manières de faire preuve de curiosité par rapport au résultat et de trouver un moyen de faire un certain nombre de choses.

Je vais donc vous donner un exemple organisationnel intéressant. L'un des très grands détaillants des États-Unis, Walmart, était intéressé par une nouvelle façon de former ses gestionnaires. On m'a donc demandé de venir à Bentonville, qui possède des milliers et des milliers de magasins dans le monde, et ils ont eu une idée géniale pour ce nouveau programme de gestion, et ils ont dit, c'est génial, nous l'avons essayé avec 3 magasins; le mois prochain, nous allons le déployer dans 5 000 magasins. Et j'ai dit : « Vous êtes fous, comment savez-vous que cela va fonctionner dans 5 000 magasins? » « Eh bien, cela a fonctionné dans 3 d'entre eux. » Et si nous faisions quelque chose de différent? Et si nous divisions Walmart en 3 groupes, n'est-ce pas? Qu'un tiers continue à faire ce qu'ils ont toujours fait. Qu'un autre tiers essaye la nouveauté. Troisièmement, on abandonne complètement le programme de formation des gestionnaires et on examine les ventes et la fidélisation dans les 90 jours. J'ai pensé que c'était une idée brillante, et ils se sont moqués de moi en quittant l'Arkansas, n'est-ce pas? Ils disaient qu'il n'y avait aucune chance que la gestion le fasse. La gestion ne veut pas échouer publiquement. Et je me demande, est-ce que si je préfèrerais échouer avec un tiers des magasins ou avec l'ensemble de la chaîne, voir le cours de l'action chuter, puis me faire licencier. Mais ironiquement, dans les organisations, nous n'expérimentons pas assez, et une partie de l'innovation consiste à déterminer : « Comment expérimentons-nous? » Et parfois, il s'agit de la même intervention, mais d'une histoire différente, du même processus, mais d'une explication différente. Parfois, il s'agit simplement de se demander quel est le titre pendant l'élaboration de cet élément.

Nous avons donc discuté un peu. Posez-moi quelques-unes de vos questions sur l'innovation, monsieur.

Taki Sarantakis : L'innovation est intéressante, car j'ai commencé à travailler pour le gouvernement du Canada il y a 29 longues années, et s'il y a un mot qui est resté tout au long de ma carrière non illustre, c'est l'innovation, et ce qui est fascinant, c'est que nous en parlons constamment, mais je ne pense pas que beaucoup d'entre nous sachent ce que cela veut dire. Je ne sais pas comment la mesurer. Aujourd'hui, l'innovation est quelque chose que nous voulons tous que nos équipes fassent, mais vous ne pouvez pas pointer une personne du doigt et lui dire « hé, toi, va innover ». Ça ne semble pas fonctionner. Ce n'est pas comme, « hé, toi, va rédiger une note d'information. » Cela fonctionne en quelque sorte, mais « hé, toi, sois innovant »? Quelle est donc la formule magique?

Elliott Masie : Tout d'abord, je pense qu'il est presque impossible de l'enseigner. Je pense que l'enseignement de l'innovation s'est arrêté vers l'âge de 11 ans lorsqu'ils étaient enfants. Je pense que les gens apprennent l'innovation à l'école, dans leur communauté, dans leurs organisations religieuses, dans leurs organisations sportives, et j'ai de gros problèmes avec beaucoup de coaches dans le sport qui sont très bonnes pour gérer une équipe, mais qui ne sont pas souvent bonnes pour innover de multiples façons pour amener les enfants à réussir dans cette équipe. Je vous avoue que j'ai été ravi de voir la femme qui est allée de l'avant. J'ai été ravi par la femme qui a remporté le patinage aux Jeux olympiques, n'est-ce pas? Elle a dit en substance : « Je ne suis pas le modèle, je ne suis pas ce que dit mon coach, je vais sur le terrain et je vais vraiment m'amuser », et elle a dit dans une autre entrevue « mon objectif était de stimuler l'auditoire, et les juges allaient probablement suivre, mais même s'ils ne le faisaient pas, j'y serais parvenue ».

Allez-y. Nous avons un micro pour vous.

Intervenante non identifiée : Une chose qui m'a trotté dans la tête pendant cette présentation, c'est que la fonction publique est une organisation très réticente à prendre des risques, n'est-ce pas? Je pense que la raison pour laquelle vous n'avez pas vu d'innovation au cours de vos 29 années est que l'innovation exige de prendre des risques, d'expérimenter, comme vous le dites. Et lorsque vous prenez des risques, vous échouez parfois, vous essayez quelque chose, vous en tirez des leçons, et vous échouez. Vous nous avez en quelque sorte transmis ce message, mais on hésite à prendre le risque d'échouer. L'échec continue d'être un gros mot au sein du gouvernement, et je pense que c'est un grand défi. Même lorsque j'écoutais votre partie sur la narration, je veux dire, que vous plaisantiez sur les notes d'information. Je veux dire, il y a même la peur de changer le modèle d'une note d'information. Il y a tellement de rigidité. J'aimerais bien utiliser la narration davantage dans mes présentations ou mes réunions d'information avec la haute direction, n'est-ce pas? Mais il existe un environnement d'aversion au risque et de peur. Alors, avez-vous des conseils à donner à ce sujet?

Taki Sarantakis : Vous commencez et j'ajouterai ensuite un lustre gouvernemental.

[Rires]

Elliott Masie : D'accord, et comme je ne suis pas un spécialiste du lustre, je vais dé-lustrer. Je pense que le risque existe si nous avons des gestionnaires qui ont eux-mêmes et elles-mêmes peur, ce qui signifie que vous avez besoin d'une couche intermédiaire qui va aider et soutenir cette prise de risque, une partie de la façon dont vous arrivez à un meilleur endroit, et je vais vous donner un exemple intéressant provenant de, de tous les endroits, le corps des sous-mariniers de la marine des États-Unis. Les sous-marins vont donc sous l'eau, parfois pendant 6 mois, et des personnes travaillent dans le réacteur nucléaire du sous-marin, un travail très intense. Eh bien, elles voulaient améliorer la vie sur place. Elles voulaient innover davantage, et ce qu'elles ont imaginé, c'est qu'à la fin de chaque quart de travail, qui était en général de 8 ou 12 heures, elles se demandaient, en tant qu'équipe, ce qu'elles avaient appris, ce qu'elles feraient différemment si cela se produisait, et comment elles l'expliqueraient aux personnes qui prendraient le relais. Pourquoi ont-elles agi ainsi? Elles avaient un capitaine qui comprenait vraiment ce dont vous parlez. Alors, savez-vous ce qu'il a fait lorsqu'il est arrivé à bord? Il a été affecté à cette tâche, et j'ai été l'un des rares civils à passer quelques jours sous l'eau, ce qui était plutôt amusant, et il a envoyé 5 de ses livres préférés, 5 exemplaires chacun, et les a placés sur la table de la salle à manger du sous-marin. Il a envoyé 5 de ses livres préférés, 5 exemplaires chacun, et les a posés sur la table de la salle à manger du sous-marin.

Et une partie de ce dont il parlait était, si vous voulez, la prise de risque, et il n'y a aucun moyen d'enlever cette aversion, n'est-ce pas? Parce que tout le monde pense qu'il est à deux doigts de perdre son emploi ou de faire l'objet d'un communiqué de presse ou autre. Mais si votre travail est dans la fonction publique, votre travail, comme celui d'une médecin, est d'essayer de trouver la meilleure solution, et si cela ne fonctionne pas, de trouver une deuxième solution ou de demander l'avis d'une tierce personne, mais je suis d'accord avec ce que vous dites. Je pense que le monde évolue si rapidement aujourd'hui, et nous parlerons un peu de l'IA avant de terminer aujourd'hui, que nous n'avons pas le temps de ne pas être innovants parce que nous allons être confrontés à des problèmes et à des défis comme nous n'en avons jamais vu auparavant. Donc, j'ai un bon ami. Vous l'avez probablement vu. Il était le père dans la série télévisée Wonder Years, n'est-ce pas? Dan Lauria, un ami vraiment merveilleux, qui joue en ce moment dans une pièce sur la maladie d'Alzheimer. Dan m'a montré une société cinématographique qui avait pris un enregistrement de sa voix et l'avait modifié pour ne pas avoir à l'embaucher pour les nouveaux films, mais le son et la voix étaient exactement les mêmes que les siens. Nous n'avons aucune expérience de la technologie qui permettrait de le faire. Mon rôle en tant que producteur est donc de dire : « Arrêtez, trouvons une solution, car vos droits sont bafoués là-dedans ». Taki.

Taki Sarantakis : Je vais donc vous faire part de quelques réflexions sur la narration, puis je reviendrai sur le risque. La narration est donc d'une importance capitale au sein du gouvernement du Canada, et plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est importante. En fait, les personnes qui passent à travers nos filtres sont celles qui savent raconter des histoires. Nous les appelons les personnes qui peuvent donner des séances d'information. Nous les appelons les personnes qui peuvent établir des liens avec la narration. Mais sur le plan le plus fondamental, ce sont des narrateurs et des narratrices. Ce n'est pas à la place de la note d'information, c'est, Elliott, la note d'information et l'histoire. Il faut les réunir. Et si vous pouvez raconter une bonne histoire avec des faits et des arguments solides, vous deviendrez le greffier ou la greffière du Conseil privé. C'est ainsi que nous filtrons, mais le gouvernement du Canada n'est pas le seul concerné. C'est le cas de presque toutes les organisations. Il est très, très rare de trouver une organisation, quelle que soit sa taille, qui ne soit pas dirigée par une personne qui sait raconter de bonnes histoires, parce que raconter des histoires, c'est accompagner les humains.

Maintenant, revenons à la question du risque et de l'échec. Je suis vraiment un cas isolé en la matière, alors n'allez pas croire que j'ai raison. Mais je veux dire que nous échouons constamment. Nous échouons des milliers de fois par jour. Nombre de ces échecs font chaque jour la une du The Globe and Mail. Nous échouons. La question est de savoir comment on échoue. Échouez-vous d'une manière qui enseigne des choses, échouez-vous d'une manière qui change les processus de travail, ou échouez-vous d'une manière qui dit « Ce n'était pas moi, c'était là-bas »? Donc, voilà ce que je pense du gouvernement et de l'échec. Et puis, une dernière chose sur le risque, je pense, en fait, que la fonction publique est extraordinaire pour quantifier le risque supplémentaire (c'est-à-dire si nous faisons ceci ou cela que nous ne faisons pas aujourd'hui, voici les risques), mais nous sommes absolument terribles pour quantifier les risques du statu quo, ce que nous ne faisons jamais. Nous ne disons jamais aux gens que les risques liés à l'absence d'un système informatique moderne sont X, que les risques liés à l'absence de désamiantage de vos édifices sont Y, que les risques liés à l'absence de modification de ce mécanisme d'approvisionnement archaïque sont Z. Nous quantifions donc les mauvais risques.

Elliott Masie : Et c'est génial, continuez à poser cette question, je suis sérieux, parce que c'est du courage, c'est en partie comme ça qu'on y arrive. Certains des aspects que l'on retrouve dans la narration sont l'empathie et l'humanité, n'est-ce pas? Je voudrais vous raconter une petite histoire et je vais me lever un instant.

[00:49:31 Elliott Masie se lève.]

Elliott Masie : Comme je vous l'ai dit, j'ai la particularité d'être Américain, de vivre en Irlande et d'avoir un passeport allemand. Mon père est parti en 1938, de l'Allemagne nazie, avec un préavis de 4 heures. Son assistant lui a dit « Ils vont venir vous chercher à 16 h, vous devez partir d'ici », et il a littéralement quitté sa famille et ses proches pour se rendre aux États-Unis, et 18 membres de notre famille ont été tués lorsqu'ils ont découvert qu'il était parti, alors qu'il n'était qu'un chimiste subalterne du gouvernement. C'est ce qui s'est passé à l'époque. Je demande donc toujours à mon père ce qu'il pense de l'Allemagne. Il m'a dit que j'aimais l'Allemagne et que la guerre était une période horrible et malsaine, et que les gens faisaient des choses horribles et malsaines pendant la guerre, mais il ne voulait pas que je perde l'amour du fait que l'Allemagne fait partie de mon héritage.

Quand j'en ai eu la possibilité, j'ai donc déposé un dossier pour obtenir un passeport allemand, et ce qu'il y a de bien avec les nazis, c'est qu'ils ont fait beaucoup de mauvaises choses, mais qu'ils étaient de très bons archivistes, n'est-ce pas? J'ai donc pu obtenir un dossier de 90 pages sur mon père que j'ai pu utiliser pour obtenir mon passeport, et j'ai obtenu ma citoyenneté et mon passeport. Un mois et demi plus tard, je me suis rendu à Francfort, en Allemagne, pour y faire un discours. Je suis allé à Francfort de nombreuses fois, mais je n'y étais jamais entré avec un passeport allemand. Le plus gros problème est donc qu'ils ne les estampillent pas. Je voulais le faire estampiller. Il y a un kiosque sur lequel il n'y a pas de timbre. Je continue donc à chercher une personne qui a un timbre. Je n'ai donc pas reçu le timbre. Je devais donc faire mon discours, et je me suis dit qu'il fallait vraiment que j'en parle un peu. Mon discours portait sur l'apprentissage numérique, pas sur le fait d'être un parent d'un survivant de l'Allemagne nazie, mais je me suis levé et j'ai sorti mon passeport allemand, mon père était de Hambourg, et j'ai dit, Ich bin ein Hamburger.

[Rires]

Je suis un hamburger parce que mon père était originaire de Hambourg, et j'ai raconté pourquoi mon père avait dû partir et pourquoi j'avais le passeport, sans savoir que je l'utiliserais plus tard pour vivre en Europe, et c'était génial. Je n'ai pas été applaudi, mais vous voyez, les gens ont apprécié, et j'ai fait une présentation d'une heure qui a eu l'air de bien se passer. Au moment de partir, il y avait un monsieur, très bien habillé. Il aurait pu être l'une des personnes les plus haut placées au sein du gouvernement canadien ici, mais il venait d'Allemagne et il s'est approché de moi. Il dit Herr Masie : « Puis-je avoir un moment de calme avec vous? » Tout d'abord, je ne savais pas si je devais être effrayé ou s'il avait réexaminé les dossiers. J'ai répondu « absolument ». Il m'a dit : « Allons dans un endroit tranquille. » À ce moment-là, j'étais un peu plus inquiet. Il m'a dit : « Permettez-moi de commencer par vous dire, en mon nom, au nom de ma famille et au nom de l'armée allemande, que nous vous présentons nos excuses, à vous et à votre famille, pour ce que nous vous avons fait. » Il a continué : « Une partie de mon travail consiste à enseigner à nos nouveaux officiers allemands ce qu'est l'Holocauste et nous les emmenons ici et là. »

Puis il a sorti sa carte de visite, me l'a tendue et m'a dit Herr Masie : « Voici mon nom, je suis votre frère maintenant, si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi, les Allemands vous souhaitent la bienvenue. » Et je veux dire, les larmes coulaient sur mon visage, mais j'ai décidé d'en faire un petit moment de politique. Je lui ai répondu : « J'apprécie vraiment, mais je me demande si votre homologue américain dirait la même chose à un membre de la Nation Navajo. » Nous sommes ensuite allés boire un verre tous les deux, pour en parler, mais c'est un moment intéressant, car une partie de l'effet de la narration est qu'elle vous personnalise. Vous passez de cette pile, vous passez de ce dossier, vous passez de ce rapport, et même parfois vous dites, en lisant le rapport « Voici les questions qui me sont venues à l'esprit. » Il faut donc utiliser la narration non pas pour transformer une mauvaise nouvelle en une bonne nouvelle, mais pour la rendre, d'une manière différente, beaucoup plus personnelle en ce sens.

[00:54:03 Elliott Masie se rassoit.]

Taki Sarantakis : Et c'est une histoire dont je peux vous garantir que presque chacun d'entre vous se souviendra longtemps, longtemps, longtemps après avoir quitté cette salle. Parlons un peu de la curiosité, car il me semble que nous sommes nés avec la curiosité. Nous voyons des bébés, des enfants en bas âge, qui se promènent, mettent des choses dans leur bouche, lèchent les prises électriques, grimpent sur les étagères, principalement parce qu'ils sont curieux et qu'ils se disent, si je fais ceci, qu'est-ce qui va se passer, si je fais cela, avant même d'avoir des mots. L'école, puis le travail, semblent avoir raison de notre curiosité.

Elliott Masie : Oui, c'est possible, c'est vraiment possible, mais je pense que c'est en partie possible parce que nous commettons l'erreur de penser que l'essentiel de l'apprentissage scolaire doit être fondé sur des cours magistraux, ou doit consister à travailler en petits groupes à son bureau sur une activité. Il se trouve que je suis un révolutionnaire en matière d'apprentissage, n'est-ce pas? Si j'étais un enfant aujourd'hui, on m'aurait diagnostiqué un important trouble de l'apprentissage. Pourquoi? J'étais une personne hypercurieuse qui lisait des choses. Un bon exemple, je sais que lorsque vous étiez enfant, vous pouviez acheter une encyclopédie pour 2 dollars l'édition, vous aviez les lettres A, B et C. Eh bien, il manquait les lettres L à K dans mon supermarché, alors je suis vraiment faible sur toutes les connaissances des lettres L à K, et j'ai essayé d'acheter l'ancienne encyclopédie des lettres L à K, mais je ne peux pas la trouver sur eBay; par contre, je suis très enthousiaste en ce moment sur ce que la technologie peut nous permettre de faire dans le domaine de l'éducation. Je ne veux pas dire par là que nous voulons que nos enfants passent toute leur journée devant un ordinateur portable. En fait, je dirais que la technologie est très puissante, mais je ne pense pas qu'elle doive se substituer à certaines des choses magiques qui peuvent se produire lorsque les enfants interagissent les uns avec les autres, avec l'enseignante sur des projets difficiles.

Je pense donc que nous devons mieux tirer parti de la technologie pour y parvenir. J'ai eu l'honneur de siéger au conseil d'administration de la First Robotics Foundation. Nous avons 65 000 écoles dans le monde où des jeunes de 15 à 17 ans construisent un robot et se mesurent les uns aux autres, et vous savez ce que nous avons trouvé? Le meilleur paramètre de prévision pour une personne qui a soumis sa candidature au MIT est qu'elle a fait partie d'une équipe de robotique, car l'apprentissage se fait en construisant quelque chose de réel. Je pense donc que ce que nous devons faire dans les écoles, c'est de participer davantage dans des projets et des activités qui permettent aux élèves d'interagir entre eux. Ensuite, nous tirons parti de l'IA et de tout ce qui suivra l'IA non pas pour accélérer l'apprentissage, mais pour l'approfondir, pour permettre à une personne d'aller plus loin dans un sujet donné. Je suis donc très bon, et j'ai une relation continue avec Gemini, avec Claude et avec OpenAI.

Taki Sarantakis : Pouvez-vous nous dire lequel est votre préféré?

Elliott Masie : Quoi?

Taki Sarantakis : Pouvez-vous nous dire lequel est votre préféré?

Elliott Masie : Je dirai que Claude est mon préféré pour écrire du code, et que Gemini est mon préféré pour analyser des résultats de laboratoire médical.

[Rires]

J'ai essayé de négocier des actions en utilisant OpenAI, mais ce que j'ai découvert, et c'est un élément très intéressant, c'est que nous commençons à nous diriger vers une technologie qui peut être utilisée pour coacher les gens pendant qu'ils apprennent. Sal Khan est un de mes collègues. Il dirige la Khan Academy et travaille avec quelques-uns de ces systèmes. Donc, littéralement, vous diriez : « Je veux maintenant apprendre sur, comment calculer l'écart-type? » Je ne le comprends pas vraiment. Voici donc ce qui est différent, qui reviendra et dira « eh bien, dites-moi ce que vous savez ou ne savez pas à propos de l'écart-type ». Il comporte donc un élément de diagnostic, et permet de savoir sur quoi vous travaillez.

Taki Sarantakis : Il est également personnalisé, ce qui n'est pas négligeable.

Elliott Masie : Oui. Je pense que l'IA pose toutes sortes de problèmes, et je serai le premier à vous dire que ce que je déteste dans l'IA, c'est qu'il y ait cinq multimilliardaires américains sans ego à la tête de ces entreprises et j'aimerais que ce ne soit pas ce qui se passe actuellement, parce qu'il n'y a pas d'empathie dans ce monde, alors que la technologie pourrait permettre d'introduire cette empathie; je pense que nous allons commencer à voir d'autres façons d'exploiter certaines parties de l'IA, mais je veux toujours m'assurer que l'on revient à l'humanité. Alors, lorsque je dis « au-delà de l'IA », comment ajouter l'humanité à ce processus? Puis-je demander à notre personnel audiovisuel? Melinda est-elle en ligne? L'avez-vous déjà vue?

Intervenante non identifiée : Non.

Elliott Masie : D'accord. C'est probablement encore huit ou neuf minutes, d'accord.

Taki Sarantakis : Je vous demanderai donc de me regarder si vous avez une question à poser, et nous ferons le tour de la question.

[01:00:05 Elliott Masie désigne une membre de l'auditoire.]

Taki Sarantakis : Mais attendez, avant qu'on y aille.

Elliott Masie : D'accord, je suis désolé.

Taki Sarantakis : Non, non, non, je veux que vous nous racontiez l'histoire, votre histoire sur Star Trek, parce que pour ceux et celles d'entre vous qui ne suivent pas l'École en ligne, et vous devriez suivre l'école en ligne ou Ginny aura de gros problèmes parce qu'elle est notre responsable des communications, l'École a publié une vidéo il y a quelques semaines sur l'histoire de notre édifice, l'édifice dans lequel vous vous trouvez. William Shatner travaillait dans cet édifice. Une partie de cet édifice était un théâtre, le Canadian Repertory Theater, et nous avions M. Plummer, j'ai oublié son prénom, Christopher Plummer.

Elliott Masie : Christopher Plummer, oui, et quelques autres.

Taki Sarantakis : William Shatner, Julie Andrews était ici. Racontez-nous votre histoire sur Star Trek.

Elliott Masie : Eh bien, il était tout excité à l'idée que William Shatner soit là.

Taki Sarantakis : Et je ne suis pas un « Trekkie ».

Elliott Masie : Oui, et j'ai ressenti ce moment de conflit, n'est-ce pas? Parce qu'en tant que producteur, une personne que je produis et qui est devenu un très bon ami, c'est George Takei. Donc, George Takei a donc joué dans Star Trek, et il était le navigateur dans Star Trek. Il déteste William Shatner.

[Rires]

William Shatner le déteste. Ils vont aux Comic Con et vont dans des allées séparées pour ne jamais se parler. Alors, me direz-vous, pourquoi le détestait-il? Eh bien, Star Trek, pour ceux d'entre vous qui sont fans, est une série merveilleuse, mais chaque épisode était écrit par une scénariste différente. Ils avaient un scénariste exécutif, Roddenberry, qui les réunissait tous et toutes, mais il y avait un autre scénariste. Dans le troisième épisode, le scénariste a dit : « Vous allez devoir diriger le vaisseau Star Trek vers la droite, vers le bas et vers l'avant », et il a dit à George : « Choisissez un bouton et ce sera notre bouton vers le bas, vers la droite et vers l'avant. » George a donc dit : « Faisons-le comme ça. » Alors, il a appuyé sur ce bouton, et c'est ce qui s'est passé. Deux semaines plus tard, un autre scénariste est arrivé, et voulait que le vaisseau monte rapidement, et Shatner a dit à George d'appuyer sur le bouton bleu. Il a dit : « Nous aurons des problèmes si nous faisons ça, c'est en bas, à gauche et à droite dans ce sens. » Eh bien, la plupart des membres de Star Trek s'entendent mieux que George et William, et nous avons produit George dans une pièce écrite sur sa famille qui était dans les camps d'internement japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale, intitulée Allegiance, et une partie de mon rôle était juste, au cas où Shatner se présentait, nous devions dire à la sécurité de s'asseoir à côté de lui, parce que nous étions inquiets de ce qui pourrait se passer dans ce sens.

Question.

Intervenante non identifiée : Bonjour, merci pour la présentation. J'aime beaucoup la juxtaposition de la narration, de l'innovation et de la curiosité. Ma question porte sur le fait qu'au sein du gouvernement, nous entendons souvent parler ou demander le remaniement, la réinvention, la réaffectation, l'emprunt à différents secteurs pour les intégrer dans notre façon de faire et de penser. Et avec cela, il y a souvent un certain niveau de préparation de ce qui est en train de se perdre dans la tradition de faire les choses d'une certaine manière. Et lorsque nous envisageons de remanier, de redéfinir ou de repenser, cela implique que les personnes responsables de l'action perdent une partie de ce à quoi elles sont habituées, les points d'ancrage qui leur sont familiers. Mais dans votre récit, il y a aussi une sorte de visionnaire ou de vision de ce que vous essayez de faire, donc il y a certainement une gestion du changement. Je suis curieux de savoir comment se déroule votre expérience à Broadway, et comment vous préparez vos comédiennes et l'auditoire à réinterpréter un classique. Auriez-vous des exemples illustrant comment vous avez réussi à mettre en œuvre ce changement?

Elliott Masie : Eh bien, il y a deux parties. La première partie est plus simple, plus simple. Je pense que nous noyons souvent les gens dans la complexité parce que beaucoup de choses que nous faisons au gouvernement sont très, très complexes dans ce processus, mais le problème est que l'on se noie dans ces complexités. Je suis reconnaissant pour le fait que l'on puisse dire ouvertement, si l'on procède à un changement : « Qu'est-ce que l'on change parce que ça ne fonctionne pas? » Qu'est-ce que nous changeons parce que nous pensons pouvoir le faire plus vite, mieux, moins cher? Que choisissons-nous de ne pas changer parce que ça fonctionne? Qu'est-ce que nous choisissons de ne pas changer parce que ça énerverait trop de gens si nous le faisions? Et que devons-nous garder comme trace de ce que nous perdons dans ce processus? C'est tout à fait le problème de Broadway. Nous engagerons une personne comme Lea Salonga, n'est-ce pas? Elle était d'ailleurs l'une des vedettes de l'un de nos spectacles. Elle détestait la chanson que nous avons écrite pour elle, et nous étions à deux heures de la première avant-première, n'est-ce pas? Eh bien, la personne qui a composé la chanson l'a réécrite, et nous avons fini par la répéter là-bas et c'était parfait, mais cela a fonctionné parce que nous avons pu avoir ces conversations du type « vous avez changé un certain nombre de choses que j'aimerais vraiment faire différemment au cours de ce processus ». Nous faisons trop de regroupements et d'emballages cadeaux pour les réformes ou les révisions. Nous l'avons emballé dans un papier cadeau, et nous avons maintenant « l'ABC » révisé, mais tout le monde le faisait depuis des années dans le cadre de ce processus. En fait, je pense que l'une des choses que nous devons faire avec la technologie est de permettre aux gens de voir parfois les changements devant eux, de voir « voici le nouveau système », « voici ce que nous avions l'habitude de faire », « voici comment on le fait », et même d'être en mesure de revenir en arrière et de faire à ce sujet parce qu'une partie de ça était une aide à la mémoire dans ce contexte.

Taki Sarantakis : Et physiologiquement, l'être humain n'aime pas le changement.

Elliott Masie : Je continue de vérifier si Melinda est toujours là.

Elle est ici.

Taki Sarantakis : D'accord, nous allons écouter Melinda, puis nous passerons à vous.

Elliott Masie : Ok, passons la parole à Melinda et j'irai lui dire bonjour.

[01:06:43 Elliott Masie se lève et fait accidentellement tomber son téléphone intelligent avant de le ramasser.]

Elliott Masie : Oups. Je lui dirai bonjour. Ok, bonjour, Melinda.

Melinda Doolittle (chanteuse et finaliste d'American Idol) : Bonjour Elliott.

Elliott Masie : Une seconde, ils vont activer le son.

Melinda Doolittle : D'accord.

Elliott Masie : La voilà, d'accord. Bonjour Melinda.

Melinda Doolittle : Bonjour Elliott, comment allez-vous?

[01:07:15 Melinda Doolittle apparaît dans une fenêtre de clavardage vidéo.]

Elliott Masie : Peut-on augmenter un peu le son de Melinda? D'accord. Melinda, vous venez à Ottawa, au Canada. Êtes-vous déjà allé à Ottawa, au Canada?

Melinda Doolittle : Je ne suis jamais allée à Ottawa, et il y fait froid?

[Rires]

Taki Sarantakis : Oui.

Elliott Masie : Il a neigé hier entre Montréal et la moitié du trajet vers Ottawa. Mais dès que j'ai vu le panneau d'Ottawa, il disait « pas de neige, continuez à venir », oui.

Melinda Doolittle : Bien.

Elliott Masie : C'était donc une bonne chose.

Melinda Doolittle : Eh bien, j'ai tondu ma pelouse aujourd'hui.

Elliott Masie : C'est parfait. Eh bien, je connais Melinda depuis longtemps. Je me suis assis dans le salon de notre maison pour regarder American Idol, et je ne sais pas combien d'entre vous ont regardé American Idol; ou y a-t-il un Canadian Idol maintenant?

Taki Sarantakis : Oui.

Elliott Masie : Ok, bien, ou Canadian Idol, ok, et je suis tombé amoureux d'elle en tant que chanteuse, en tant qu'artiste. Je vais vous dire, sa première audition, si vous voulez la regarder sur YouTube, était merveilleuse, et elle était un peu timide parce qu'elle était choriste pour beaucoup de gens célèbres. Mais à l'époque, je lui ai demandé de venir, et nous étions son premier concert rémunéré après American Idol. Elle est venue et a chanté devant 1 500 personnes, et il se trouve que son père me connaissait parce qu'il avait travaillé pour Xerox Learning, et il était très excité à l'idée qu'elle allait chanter pour la conférence d'Elliott sur l'apprentissage. J'ai donc dû faire une pause au milieu parce qu'elle n'avait pas l'habitude de faire, ce jour-là, 8 numéros ou 10 numéros.

Melinda Doolittle : 12.

Elliott Masie : 12. D'accord, c'est le même prix. J'ai essayé d'obtenir autant de numéros que possible.

[Rires]

D'accord, mais elle avait besoin d'une pause, alors j'ai fait venir son père et nous avons eu une grande conversation. Ensuite, elle a fait beaucoup de choses, et l'une des choses que nous avons faites, Melinda et moi, c'est que nous avions un voyage d'écart. Nous sommes tous deux allés en Afrique pour Malaria No More, où la Croix-Rouge canadienne nous a donné des moustiquaires à distribuer, plusieurs millions de moustiquaires, et vous y êtes allé avec Laura Bush, la femme du président, oui, et j'y étais avec la plus jeune fille de Malcolm X, mais nous sommes devenus des amis et des collègues et avons fait beaucoup, beaucoup de choses ensemble. Alors, à part le fait que le Canada est peut-être froid, que savez-vous d'autre sur le Canada? N'importe quelle chose?

Melinda Doolittle : Je connais les chaussures Fluevog.

Taki Sarantakis : Vraiment?

Melinda Doolittle : J'ai acheté ma première paire lorsque j'étais à Toronto. J'adore Banff, c'est l'un des endroits les plus magnifiques que j'aie jamais vus, et que sais-je encore? Tim Hortons aussi, vraiment.

[Rires]

Elliott Masie : Je vous comprends, d'accord. Eh bien, Melinda sait faire un large éventail de choses. L'une des choses dont nous sommes vraiment fiers, et ma femme et moi avons une fondation et l'avons soutenue, c'est que Melinda fait venir d'autres chanteurs et chanteuses dans les prisons pour y donner des concerts pour les personnes détenues ou emprisonnées, et vous venez de terminer une tournée. À combien de prisons vous êtes-vous rendue?

Melinda Doolittle : Nous avons visité sept prisons en quatre jours et nous avons fait une sorte de spectacle de Pâques pour ces personnes. Nous les avons en quelque sorte emmenées en voyage. Nous faisons de la pop, du R&B, de la soul et du gospel, et tout cela pour rappeler aux personnes détenues qu'elles sont aimées, qu'elles ont une grande valeur, et qu'elles ne sont pas oubliées.

Elliott Masie : D'accord, voici une question de curiosité. Certaines personnes parmi vous l'ont peut-être déjà vue à la télévision, mais tournez-vous vers votre voisine. Quel type de chanson pensez-vous qu'elle va chanter? Donc, tournez-vous vers votre voisine. Devinez. Cela fait partie de la curiosité, et ensuite je vous ferai chanter cette chanson (Rires).

[01:11:14 Les membres du public discutent entre eux.]

Elliott Masie : Combien d'entre vous ont dit « opéra »?

[01:11:29 Elliott Masie lève la main.]

Elliott Masie : Ali est d'ailleurs une chanteuse d'opéra de formation. Combien d'entre vous ont dit « musique folklorique »? D'accord, combien d'entre vous ont dit « airs de Broadway »?

[01:11:40 Des membres de l'auditoire lèvent la main.]

Elliott Masie : D'accord, du rock? Du gospel?

[01:11:46 Des membres de l'auditoire lèvent la main.]

Elliott Masie : Vous avez beaucoup de fans de gospel ici. Y en a-t-il d'autres qui sont sortis?

Intervenante non identifiée : R&B.

Elliott Masie : R&B?

[01:11:56 Des membres de l'auditoire lèvent la main.]

Elliott Masie : D'accord, des airs de Nashville? Eh bien, Melinda, surprends-nous. Mesdames et messieurs, accueillons Melinda Doolittle avec des applaudissements.

[Applaudissements]

[De la musique joue]

Melinda Doolittle : (Chante) That's life [C'est la vie]. That's what people say [C'est ce que les gens disent].

[01:12:22 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Les performances musicales ont été écourtées en raison de restrictions liées aux droits d'auteur »]

[Applaudissements]

Elliott Masie : Alors, Melinda, comment c'est à la maison? Êtes-vous la seule dans votre maison en ce moment? Votre mère est-elle dans le coin?

Melinda Doolittle : Je suis la seule ici en ce moment. Je l'ai fait sortir pour ça.

[Rires]

Elliott Masie : Alors, qu'est-ce que ça fait de chanter pour moi et ces autres Canadiennes qui ont tous des chaussures neuves?

Melinda Doolittle : C'est la chose la plus cool. J'aime le fait de pouvoir me connecter à un pays complètement différent depuis une pièce de ma maison, avec une petite plante derrière moi. Ce que nous sommes capables de faire et ce que nous sommes capables de transmettre, même à travers un écran, est tout simplement incroyable. J'ai adoré voir les petites têtes aller et venir comme ça.

[Rires]

Elliott Masie : Alors, comment vous sentez-vous lorsque vous chantez? Pensez-vous à la chanson, ou seulement aux paroles ou aux notes difficiles à venir? Que se passe-t-il dans le cerveau de Melinda?

Melinda Doolittle : Je veux dire que la réponse courte est oui, à tout ça. Je pense à l'histoire de la chanson. Souvent, je pense à la direction que je veux donner à l'histoire, mais aussi aux notes difficiles, au fait que je suis assise, et que je dois donc respirer différemment, au fait que j'aimerais bien transmettre la chanson, mais que je suis devant mon ordinateur et que je me demande : « Comment faire? » Il se passe donc beaucoup de choses dans ma tête. Et puis, quand je suis chez moi, je suis aussi ma propre ingénieure du son. J'essaie donc de vérifier que tout fonctionne encore, et tout le reste.

Elliott Masie : Et comment vous préparez-vous pour la chanson d'aujourd'hui? L'avez-vous chantée une fois, l'avez-vous répétée dans votre tête, ou répétée à haute voix? Je sais que vous l'avez chantée à maintes reprises.

Melinda Doolittle : C'est dans la voiture que je répète le mieux, parce que c'est lorsque je suis distraite que j'obtiens les meilleurs résultats. C'est de cette façon que je sais que je la connais vraiment.

Elliott Masie : Attention, il y a une personne de la division des véhicules motorisés ici.

[Rires]

Melinda Doolittle : Je vous promets que je le fais bien. Je chante les chansons avec ma ceinture de sécurité, en regardant droit devant moi, mais cela m'aide aussi si d'autres choses se passent. Vous savez comment nous chantons dans la voiture, et tout le reste? Si d'autres choses se passent autour de moi et que je peux encore connaître les paroles, alors je sais que je connais vraiment la chanson. Sinon, je monte sur scène, et une personne tousse ou bouge et je me demande : « attends, qu'est-ce qui s'est passé? » Je suis donc un peu comme, « un écureuil! » quand quelque chose ne se passe comme prévu. Alors, j'essaie de me distraire lorsque je répète.

Elliott Masie : Et Melinda donne des concerts dans le monde entier, avec d'autres artistes formidables. Qui sont les personnes célèbres avec qui vous avez chanté, Melinda?

Melinda Doolittle : En ce moment, je suis en tournée avec Gloria Gaynor, qui est absolument géniale, si vous connaissez I Will Survive. Elle est hors du commun.

Elliott Masie : Elle l'a chanté pour mon 70e anniversaire. Gloria chanté I Will Survive pour moi. Qui d'autre?

Melinda Doolittle : Kristin Chenoweth, une merveilleuse actrice de Broadway et de la télévision, avec qui j'ai fait une tournée. Nous avons passé de bons moments. Et puis, en ce qui me concerne, j'ai l'habitude de faire des spectacles symphoniques un peu partout. J'ai donc pu chanter avec l'orchestre symphonique d'Edmonton, ce qui était vraiment génial, au Canada, mais je me contente de courir à gauche et à droite et de chanter pour qui veut bien de moi.

[Rires]

Elliott Masie : Oui, et c'est une personne merveilleuse et dévouée. Comme beaucoup d'entre vous le savent, pendant la pandémie, la vie était vraiment difficile pour les gens qui avaient peur, qui étaient parfois malades, qui travaillaient à domicile, qui n'étaient pas sûrs d'eux, et Melinda et moi-même, un bon ami, Telly Leung, Ali, et beaucoup d'autres comédiennes se sont réunies. Au départ, chaque semaine, nous organisions un concert gratuit appelé « Empathy Concert », d'une durée d'une heure, avec 4 artistes et un DJ. En fait, nous avons obtenu de Zoom qu'ils corrigent leur son. Alors, si son son est aussi bon, c'est parce que nous avons fait en sorte qu'ils revoient l'ingénierie de leur son pour avoir le son original d'un micro, car ils faisaient partie de notre consortium d'apprentissage, mais nous avons eu plus de 100 000 personnes qui ont écouté ces concerts empathiques gratuits, et d'autres choses. Melinda, ce fut un plaisir de vous voir, et j'espère que nous nous reverrons bientôt.

Quelque chose de votre part, mon ami, pour elle?

Taki Sarantakis : Merci.

Melinda Doolittle : Merci beaucoup. Merci de me recevoir. Merci de me laisser interrompre votre réunion.

[Rires]

Elliott Masie : Prenez soin de vous.

[Applaudissements]

Merci.

Taki Sarantakis : Nous avons maintenant une question à poser d'un côté ou de l'autre de la salle.

Elliott Masie : D'accord.

Taki Sarantakis : Et puis, je terminerai par une grande question.

Elliott Masie : Parfait.

Intervenante non identifiée : Merci pour cet après-midi très intéressant. Je travaille aux Affaires mondiales, l'équivalent canadien du département d'État, et mon équipe est responsable de l'apprentissage lié à l'un de nos secteurs d'activité. Ainsi, lorsque vous parlez d'un auditoire de Broadway qui a payé 200, 300 dollars pour son billet, d'une salle comme la nôtre qui s'est autosélectionnée pour venir à la belle École, c'est une chose de piquer notre curiosité, c'en est une autre lorsque vous avez une personne dont la seule question est « Pourquoi dois-je encore suivre cette formation obligatoire? » Quelle valeur cela a-t-il pour moi? Pourquoi est-ce que je fais cela?

Elliott Masie : D'accord.

Intervenante non identifiée : Donc, comment faire le lien entre cet auditoire motivé et les personnes qui ne voient pas l'intérêt de ce que vous leur proposez, avec tout le respect que je dois à l'École de la fonction publique du Canada?

Elliott Masie : Non, je comprends tout à fait. Je m'y reconnais tout à fait. J'ai siégé pendant 10 ans au conseil consultatif universitaire de l'Agence centrale de renseignement à Washington, et nous étions un organe de contrôle de la Maison-Blanche (inaudible) sous trois présidents différents, de différents partis, pour superviser la façon dont les employées du département d'État, qu'ils suivent une formation linguistique ou qu'ils soient agentes de renseignement ou autres, et je peux vous dire que dans certains cas, il s'agissait de deux ans de formation, et dans d'autres cas, il s'agissait d'un contenu mortel infesté de novocaïne que ces personnes recevaient. Je pense qu'il est intéressant de commencer par se mettre à leur place, de marcher à leur place. Donc, nous avons découvert, par exemple, que les personnes affectées à une mission ne savent pas pourquoi elles sont là. Elles ne savent pas pourquoi elles sont là. Allez dans la salle 2722 et il y aura une bonne conférencier ou conférencière ou non, il y aura quelque chose sur X, et c'est merveilleux si cela peut être une citation plutôt qu'un paragraphe, qu'il s'agisse d'une personne comme vous ou de leur patron, ou d'autres personnes. La deuxième chose est que moins on en fait, mieux c'est. Moins, c'est plus. Nous dépassons les attentes. Je ne pense pas qu'il faille sous-approvisionner, mais plutôt surapprovisionner.

C'est pourquoi j'ai beaucoup insisté sur le fait qu'au département d'État américain, nous avons pris certains éléments et dit : voici un manuel avec 40 points clés, mais aujourd'hui, nous allons nous concentrer sur 5 d'entre eux, et vous pourrez en choisir 5 autres pour nous. Savez-vous que chaque fois que nous l'avons fait, nous avons dû aller jusqu'à 8 ou 9, au-delà? Mais il s'agit en partie d'abandonner un peu le contrôle autocratique pour dire que nous voulons les mobiliser. D'ailleurs, en passant, je fais ce genre de choses, je mets de la musique, littéralement. Nous avons fait des choses avec la formation de la CIA où les gens apprennent toutes sortes de compétences intéressantes et bizarres, et je me suis demandé : « Avec quelle musique nous pourrions commencer cela? » Et puis, nous avons constaté que l'auditoire voulait fournir de la musique qui était là. Je pense donc que nous pouvons ajouter un peu d'espièglerie, même dans un domaine extrêmement sérieux, car rien n'est plus drôle que les affaires étrangères si l'on y regarde de plus près. C'est peut-être difficile à dire à haute voix, mais c'est un élément intéressant. Mais littéralement, moins c'est plus, cela fait partie du processus, et oui, et il faut être authentique avec les gens.

Taki Sarantakis : Dernière question de l'auditoire. Vous passez? Très bien. Je vais donc vous poser une variante de cette question, à savoir que vous avez travaillé avec certaines des plus grandes entreprises du monde dans le secteur privé. Lorsque vous êtes sélectionné pour suivre une formation, cela signifie que votre organisation investit en vous. Cela signifie que votre organisation vous apprécie. Cela signifie que votre organisation veut vous rendre meilleur dans ce que vous faites. Dans le secteur public, la vision de la formation est différente. On a l'impression qu'il s'agit d'une punition, qu'il s'agit d'une obligation, et qu'il s'agit en quelque sorte d'une amélioration, comme si vous deviez suivre cette formation parce que vous ne savez pas ce que vous faites, ce qui est fascinant, parce que si vous pensez à des emplois importants, votre médecin, votre dentiste, votre chirurgienne cardiaque, votre joueur ou joueuse de hockey préférée de la LNH –certaines personnes parmi vous suivent peut-être les Sénateurs d'Ottawa en ce moment, ou les Oilers d'Edmonton, ou même les Canadiens de Montréal qui, je n'arrive pas à le croire, sont dans les séries éliminatoires.

[Rires]

Toutes ces personnes sont en permanence en train d'apprendre, de se former, d'améliorer des compétences. Et si ce n'est pas le cas, il vaut mieux ne pas s'en approcher, alors que nous, dans le secteur public, nous nous disons souvent : « Argh, la formation, c'est trop bien pour moi. »

Elliott Masie : Je vais donner une réponse très ciblée, qui vient du fait que j'ai 75 ans. Je travaille dans ce domaine depuis l'âge de 20 ans. C'est donc beaucoup d'années. Je pense que, tout comme je ne pense pas que l'on puisse donner une réponse sans poser de question, je ne pense pas que l'on puisse en tirer quelque chose sans appliquer ce que l'on apprend. Il se trouve que je suis orthodoxe, et que je crois que si vous envoyez mes gens à un cours, ils devraient tous avoir à réaliser un projet après le cours qui utilise le sujet du cours, et ce que j'ai découvert, c'est que si vous leur donnez cette mission à l'avance et qu'ils savent maintenant qu'ils doivent réaliser un projet, tout s'éclaire.

Taki Sarantakis : Le pourquoi.

Elliott Masie : Le pourquoi s'éclaire. Le secteur public souffre en partie du fait que l'on considère que la promotion peut être le résultat de la structure et non de mon propre rendement. Donc, en partie, ce que je veux faire, c'est leur donner un moment, que le patron ou la patronne le voie ou non, pour mettre en pratique ce qu'ils ont appris. Alors, si cela devait durer plus longtemps, je demanderais à tout le monde ici présent de penser à une réunion que vous organisez et à un morceau de musique, à une question que vous pourriez poser, et peut-être à une invitée à l'externe que vous pourriez inviter pour éclairer cet élément de la réunion. Le dernier élément, qui est très simple, est qu'ils vous lisent. Ils vous lisent. Vous avez vu, dans Ali et Melinda, deux personnes, et je leur fais un petit cadeau, je ne voulais pas que vous me payiez pour venir ici, alors je leur en attribue une partie, mais elles n'ont pas fait cela parce que cela rapportait beaucoup d'argent. Elles étaient très enthousiastes à l'idée de venir faire partie de ce groupe au Canada, mais vous devez lire le présentateur parce que vous communiquez aux gens à quel point vous êtes mortel, et je pense que vous avez la responsabilité d'éclairer la salle à un certain niveau. J'étais dans un groupe, et c'était un grand groupe. Il y avait 60 personnes. J'avais quatre avertisseurs sonores à air. Alors, si vous aviez besoin de faire une pause, vous pouviez souffler dans l'avertisseur sonore à air.

[Rires]

Eh bien, nous avons eu plus de rires dans cette salle avec des avertisseurs sonores à air. Et puis, à un moment donné, les quatre ont retenti en même temps, et c'était un cours de statistiques qu'ils allaient suivre, mais ils soufflaient dans les avertisseurs sonores à air, ce qui signifie que nous ne laissons pas notre humanité à la porte. Nous avons tous suivi de mauvais cours sur de mauvais sujets, dispensés par des enseignantes qui s'ennuient avec des programmes dont nous savons qu'ils ne seront jamais utilisés. C'est votre responsabilité, tout comme celle de Melinda. Melinda ne dit pas : « J'ai mal à la tête, mais je vais chanter pour vous maintenant. » Toutes les deux se sont illuminées pour vous parce qu'elles savaient qu'en s'illuminant, vous applaudiriez, vous en parleriez. Je vous invite à tous et toutes à aller les voir sur YouTube, elles y sont, mais c'est la clé, et je pense que nous devons nous préparer pour la prochaine génération de la fonction publique, la prochaine génération, et cela inclut à la fois les jeunes, mais aussi, mon grand projet en ce moment, est de vieillir avec empathie.

Que vont faire les personnes qui vont prendre leur retraite à 57, 60 ou 62 ans? Comment les intégrer dans la fonction publique? Je pense que nous devrions les mobiliser dans l'enseignement. Je pense que nous devrions les mobiliser dans les soins de santé et d'autres domaines. Nous devons nous préparer pour la prochaine génération. Et je peux vous dire qu'à l'avenir, vous devrez être plus intelligentes. Il va falloir être faire preuve de plus de curiosité. Vous allez devoir faire preuve de davantage de collaboration et d'authenticité, et vous ancrer davantage dans ce que vous apportez à l'économie et à la culture canadiennes par ce que vous faites. Je dirais à toutes les personnes que j'ai rencontrées à la CIA (je n'ai pas été payé pour mes 10 années de service là-bas), et je dirais que vous faites quelque chose dont vous ne pourrez jamais parler à beaucoup de gens, mais qui est vraiment important pour notre pays, et que le fait de l'entendre de votre bouche valide ce qu'ils font.

Taki Sarantakis : Narration, curiosité, innovation. Elliott Masie, merci beaucoup.

[Applaudissements]

Elliott Masie : Et j'ai une faveur pour conclure, d'accord? Je sais qu'il est parfois difficile de poser des questions ici. Si vous avez une question à me poser sur quoi que ce soit, d'accord? Mon adresse courriel est très simple. C'est emasie@masie.com. Envoyez-les-moi, je ferai une en réponse vidéo et je vous l'enverrai pour que vous puissiez la partager, quel que soit le sujet. Si vous voulez en savoir plus sur l'apprentissage en ligne, sur le tutorat par l'IA ou même sur la manière d'obtenir des billets moins chers pour aller à Broadway.

[Rires]

Oui, c'est un plaisir de vous parler, mais merci beaucoup.

[Applaudissements]

[01:28:23 Le logo de l'EFPC, puis l'URL canada.ca/ecole apparaissent à l'écran.]

[01:28:27 Le logo du gouvernement du Canada s'affiche à l'écran.]

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