Transcription
Transcription : Réagir aux microagressions envers les peuples autochtones
[00:00:00 animée s'ouvre sur un homme blanc nous faisant signe de la main. Alors que Noah croise les bras, quatre cercles apparaissent autour de lui, représentant : un groupe de personnes ; le drapeau canadien et le logo ; une personne travaillant à un bureau ; les édifices du Parlement canadien.]
Narrateur : Voici Noah, un collègue chaleureux et sociable bien apprécié de son équipe. Un fonctionnaire qui, sans le réaliser, s'apprête à commettre une maladresse qui aura de lourdes conséquences.
[00:00:12 Noah et un groupe diversifié de collègues sont assis autour d'une table.]
Narrateur : La réunion touche à sa fin lorsque…
Tanya : Oh waouh! La nouvelle vient juste de tomber. La Cour suprême vient de reconnaître à l'unanimité
[00:00:19 Nous voyons l'ordinateur portable de Tanya afficher un bulletin d'information intitulé « La Cour reconnaît la loi C-92 comme constitutionnelle. »]
Tanya : la Loi C-92 comme constitutionnelle. Elle affirme les droits et la compétence des peoples autochtones en matière de services à l'enfance et à la famille.
[00:00:22 Noah et un groupe diversifié de collègues sont assis autour d'une table.]
Kim : Super! Il était temps.
Noah : Ah non!
[00:00:29 Noah fronce les sourcils, puis gémit.]
Noah : Pas encore! C'est à peu près temps que les Autochtones tournent la page et passent à autre chose.
[00:00:36 Les collègues de Noah, les yeux grands ouverts et bouche bée le regardent, incrédules. Texte superposé à l'écran : « Tournez la page et passez à autre chose! »]
Narrateur : Malaise! Le commentaire de Noah perturbe plusieurs membres de l'équipe et affecte particulièrement trois de ses collègues autochtones, Tanya, Terry et Kim. Tous les trois se regardent surpris et bouche bée. Faisons une pause et analysons la scène avec la psychologue Judith Morency.
[00:00:54 Judith Morency apparaît superposée à l'écran. Texte à l'écran : Dre Judith Morency, Ph. D., psychologue engagée auprès des Premières Nations depuis 33 ans. Texte supplémentaire à l'écran : Insensibilité ; Indifférence ; Ignorance.]
Judith Morency: Que vient-il de ce passé ? D'un seul coup, la remarque de Noah a créé une onde de choc car elle reflète de l'insensibilité, de l'indifférence et sans doute de l'ignorance à l'égard des injustices et des torts causés aux Autochtones par la colonisation. Les propos de Noah, bien que clichés, sont loin d'être inoffensifs.
[00:01:20 Texte superposé à l'écran : Taisez-vous ; Dérangez-nous pas ; Réglez vos problèmes : Ça ne me regarde pas. La vie continue.]
Judith Morency: Ils portent une charge émotive énorme. C'est un peu comme s'il disait « Revenez-en, taisez-vous, arrêtez de nous déranger. Réglez vos problèmes. Ça ne me regarde pas. La vie continue. » Le commentaire de Noah ne tient pas compte des souffrances reliées aux nombreuses agressions et traumatismes vécus qui pèsent encore aujourd'hui sur bien des Autochtones et de nombreuses communautés. Encore une fois, ils sont réduits au silence et contraints à l'invisibilité. La réflexion de Noah est une microagression qui ravive les blessures, brise les liens de confiance et affecte les relations.
[00:01:52 On voit Terry, Tanya et Kim froncer les sourcils. Des cloches sonnent au-dessus de leur tête.]
Narrateur : Revenons à la conversation. Immédiatement, un voyant lumineux rouge surgit dans la tête de Tanya, Terry et Kim. Derrière ce silence que pensent les trois collègues autochtones ?
[00:02:03 Zoom sur Tanya.]
Narrateur : Tanya, qui est une fière Métis de Red River est offensée.
[00:02:06 Une bulle de pensée apparaît au-dessus de Tanya. Elle contient des photos d'archives d'une famille métisse et d'un pensionnat.]
Tanya : Non mais, est-ce qu'il se rend compte de ce qu'il vient de dire ? Il n'est pas au courant des conséquences de la colonisation sur les Métis et les autres peuples autochtones et de tout ce que les enfants ont subi pendant des générations. Ma propre grand-mère a été contrainte d'aller dans un pensionnat. C'est n'importe quoi ce commentaire!
[00:02:22 Terry, Tanya, et Kim froncent toujours les sourcils. Zoom sur Terry.]
Narrateur : Terry, qui est Inuk d'Iqaluit, est insulté.
[00:02:27 Une bulle de pensée apparaît au-dessus de Terry. Elle contient des photos d'une ville et d'un cimetière inuits. Une flèche rouge pointe vers le haut sur la photo.]
Terry : Ça ne se peut pas que Noah affiche un tel mépris. Faut-il que je lui balance les statistiques de suicide des jeunes Inuits ? Ils sont 10 fois supérieures à la moyenne nationale, pour qu'il réalise les écarts entre son monde et le mien ?
[00:02:41 Terry, Tanya, et Kim froncent toujours les sourcils. Zoom sur Kim.]
Narrateur : Kim, qui est Ojibwé Saulteaux du nord-ouest de l'Ontario, est profondément blessée.
[00:02:45 Une bulle de pensée apparaît au-dessus de Kim. Elle contient l'image animée du groupe de collègues assis à la table et la photo d'un jeune autochtone vivant dans la rue. Texte superposé à l'écran : 41 % des jeunes Autochtones souffrent d'insécurité alimentaire (2022 Statistique Canada).]
Kim : Ayoye! Je ne veux même plus travailler dans cette équipe. Je gage que mes autres collègues pensent comme Noah. Pourtant les écarts demeurent tellement importants ; 41 % des jeunes Autochtones qui vivent dans les grandes villes canadiennes souffrent d'insécurité alimentaire.
[00:03:05 Kim se lève et quitte la réunion.]
Kim : Puis, à quoi bon ? De toute façon ils ne veulent même pas l'entendre.
[00:03:09 Trois collègues sont assis à la table. Une collègue noire se lève et s'adresse à Noah d'un ton sévère.]
Collègue: Hey Noah, est-ce que tu réalises ce que tu viens de dire ?
Tanya : Ce genre de commentaire est inacceptable.
[00:03:15 Zoom sur Tanya.]
Tanya : Noah, lorsque tu dis « Tournez la page et passez à autre chose » c'est vraiment blessant. Ça donne l'impression que les préjudices et les souffrances vécus par mes proches sont sans importance. Il ne s'agit pas seulement du passé mais aussi de la manière dont ça les affecte encore aujourd'hui. Il reste tellement de défis à relever.
[00:03:33 Le groupe de collègues continue de froncer les sourcils en regardant Noah. Il a l'air honteux. On voit de gros plans de Tanya, puis de Terry.]
Terry : Il y a de nombreuses répercussions que nous, les Inuits, mais aussi les Premières Nations et les Métis subissons au quotidien.
[00:03:43 Écran partagé : Terry et une série de photos représentant des scènes de la vie quotidienne autochtone. Une photo du montage représente un pensionnat.]
Terry : Il n'y a pas si longtemps nos cultures, nos langues, notre sécurité, notre indépendance, nos croyances et notre liberté ont été radicalement supprimés de nos modes de vie. Ces actions passées ont encore une incidence sur nos vies au quotidien. Plus de la moitié des enfants placés en famille d'accueil au Canada sont des Autochtones, principalement des Inuits, alors que les enfants autochtones ne représentent que moins de 8 % de la population infantile.
[00:04:08 Noah apparaît en plein écran, l'air triste et désolé.]
Narrateur : Noah, visiblement déstabilisé réalise la gravité de ses propos.
Noah : Je ne voulais pas blesser qui que ce soit. Je n'ai pas réalisé que mon commentaire pouvait être interprété comme un désaveu de vos expériences. Je suis vraiment désolé et je m'excuse.
[00:04:20 Terry apparaît en plein écran et parle à Noah.]
Terry : Pour moi, la réconciliation ne consiste pas à tourner la page mais à réparer les erreurs du passé. Il s'agit de travailler ensemble et de faire en sorte que toutes les personnes autochtones ou non soient sur un pied d'égalité.
[00:04:35 Noah et ses collègues, sauf Kim, sont assis à la table. La silhouette d'un éléphant remplace lentement l'image des collègues à la table. Un texte superposé apparaît à l'écran : Histoire coloniale ; Racisme ; Déplacement forcé ; Pendaison de Louis Riel ; Pauvreté ; Déni des privilèges blancs ; Loi sur les Indiens ; Race ; Femmes et filles autochtones disparues et assassinées ; Réduction au silence ; Vol de terres ; Rafle des années 1960 ; Pensionnats ; Patriarcat.]
Narrateur : Naïvement, sans penser plus loin que le bout de son nez, Noah a fait entrer l'éléphant colonial dans la pièce et a entaché profondément la relation avec ses collègues. Avec ses quelques mots, qu'il croyait inoffensifs, Noah vient de nuire aux efforts de réconciliation. Les idées préconçues et la méconnaissance ont la vie dure.
[00:04:53 Une collègue blanche apparaît en plein écran, superposée sur l'éléphant, suivie de Terry, Tanya, une collègue noire et Kim.]
Narrateur : C'est le rôle de chacun et chacune d'intervenir lorsqu'une personne formule des commentaires inappropriés ou trompeurs. Même si c'est difficile, il est important de se lever et d'agir.
[00:05:04 Noah apparaît seul. Texte à l'écran : Réconciliation ; Responsabilité partagée ; Relation ; Respect mutuel ; Réparer les torts ; Passer à l'action.]
Narrateur : La réconciliation est une responsabilité partagée. Elle consiste à renouer et à maintenir une relation de respect mutuel entre les peuples autochtones et non-autochtones au pays. Mais aussi à réparer les torts et à s'engager à prendre des mesures concrètes pour changer les choses.
[00:05:24 Noah est rejoint par Terry, Tanya et Kim. Aucun ne sourit.]
Narrateur : Tirez des leçons de la maladresse de Noah. Faites partie de la solution.
[00:05:27 Une série de photos d'archives montre le cimetière d'un pensionnat autochtone ; des jeunes autochtones entourés de religieuses à l'extérieur d'un pensionnat autochtone ; une femme autochtone identifiée uniquement par un numéro ; un carnet intitulé « Droits des Autochtones ».]
Narrateur : Prenez conscience du passé et reconnaissez le mal qui a été fait et ses séquelles persistantes. Apprenez-en davantage sur l'histoire véritable de la colonisation et sur ses répercussions. Informez-vous sur les engagements du gouvernement en matière de réconciliation ainsi que sur les droits des peuples autochtones.
Vous avez un rôle à jouer.
[00:05:47 Le logo animé de l'EFPC apparaît. Texte à l'écran : canada.ca/ecole.]
[00:05:52 Le mot-symbole « Canada » apparaît.]